Ce que le salarié peut préparer lui-même : l’épargne logement
Avant de parler d’aides, il y a l’apport. La plupart des banques attendent qu’il couvre au moins les frais de notaire, et c’est souvent là que les projets d’achat s’arrêtent.
Deux produits réglementés servent précisément à le constituer. Le compte épargne logement (CEL) fonctionne comme un livret : on verse et on retire quand on veut, à condition de laisser 300 € sur le compte. Il rapporte 1,25 % brut depuis le 1er août 2026.
Avant d’y placer une prime ou un treizième mois, mieux vaut connaître le plafond du compte épargne logement : 15 300 € de versements, les intérêts capitalisés pouvant faire monter le solde au-delà. Au bout de 18 mois, le CEL ouvre aussi droit à un prêt épargne logement, limité à 23 000 €.
Le plan d’épargne logement (PEL) demande plus de discipline : 540 € de versements par an au minimum, un plafond de 61 200 € et un retrait qui entraîne la clôture du plan. En échange, son taux est figé à l’ouverture, à 2 % brut pour un PEL ouvert en 2026.
Un point mérite d’être dit clairement aux salariés. Depuis 2018, les intérêts de ces deux produits sont imposés : un CEL rapporte donc environ 0,88 % net, moins que le Livret A ou le LDDS, à 1,70 % sans impôt. L’épargne logement a du sens quand un achat se dessine à quelques années. Comme simple épargne de précaution, elle n’est pas le meilleur choix.
Action Logement : ce que finance la PEEC
Les entreprises privées d’au moins 50 salariés versent chaque année la participation des employeurs à l’effort de construction (PEEC), l’ancien « 1 % logement ».
Son taux est de 0,45 % de la masse salariale de l’année précédente, comme le rappelle Service-public. Une bonne partie de ces sommes revient aux salariés sous forme d’aides gérées par Action Logement, encore trop peu connues en interne.
Pour acheter, le prêt accession permet d’emprunter jusqu’à 30 000 € à 1 % hors assurance, sur 25 ans au plus et dans la limite de 40 % du coût de l’opération.
Il s’adresse aux salariés du privé non agricole dont l’entreprise compte au moins 10 personnes, se cumule avec le prêt à taux zéro et vise surtout le neuf, le bail réel solidaire et les logements sociaux mis en vente. Le dossier doit être déposé au moins 30 jours avant la signature chez le notaire, un délai que beaucoup d’acheteurs découvrent trop tard.
Pour louer, la garantie Visale joue le rôle de caution gratuite auprès du propriétaire. Ses conditions ont été élargies en janvier 2026, notamment pour les alternants et les saisonniers.
Côté employeur, le Visa Entreprise permet de « parrainer » une nouvelle recrue pour que sa demande soit traitée en priorité, sans engagement juridique pour l’entreprise. L’avance Loca-Pass, un prêt sans intérêt, finance de son côté le dépôt de garantie.
Les alternants de moins de 30 ans peuvent enfin toucher Mobili-Jeune : de 10 à 100 € par mois pris en charge sur le loyer, pendant 11 mois au maximum, si leur rémunération ne dépasse pas 120 % du Smic. Une confusion revient souvent : l’aide Mobili-Pass, encore citée dans certains guides, n’est plus distribuée.
Le prêt de l’employeur : utile, à condition de l’écrire
Rien n’empêche une entreprise de prêter directement de l’argent à un salarié pour un dépôt de garantie, un déménagement ou une partie de son apport. La forme, en revanche, change tout.
Une avance sur salaire se rembourse par retenues successives, qui ne peuvent pas dépasser 10 % du salaire net exigible à chaque paie (article L3251-3 du Code du travail).
Un véritable prêt repose sur un contrat écrit : montant, durée, taux, échéancier, et ce qui se passe si le salarié quitte l’entreprise avant la fin. Si le remboursement passe par la fiche de paie, les règles de la saisie sur salaire s’appliquent.
Le taux demande aussi un peu de réflexion. Un prêt à taux zéro fait économiser des intérêts au salarié, et l’Urssaf peut traiter cette économie comme un avantage en nature soumis à cotisations, sauf s’il s’agit d’un secours accordé face à une situation personnelle difficile. Pour les écritures en paie, notre dossier sur le prêt employeur reprend les règles pas à pas.
Les entreprises soumises à la PEEC peuvent d’ailleurs s’en acquitter en partie en accordant elles-mêmes des prêts à taux réduit à leurs salariés pour construire leur résidence principale. Le montage reste plus lourd à gérer que de passer par Action Logement.
L’épargne salariale, l’apport qu’on oublie
Dans les entreprises équipées d’un plan d’épargne entreprise (PEE), les sommes sont en principe bloquées cinq ans.
Sédentarité au travail : 4 leviers RH, dont 3 qui ne coûtent rien.
51 % des répondants déclarent que le travail a fait sauter, plusieurs fois ou régulièrement, une activité physique ou un moment de mouvement prévu. Découvrez les leviers RH mis en lumière par l’étude de notre Egym Wellpass.
Je télécharge l’étudeL’achat, la construction ou l’agrandissement de la résidence principale fait partie des cas de déblocage anticipé, tout comme certains travaux de rénovation énergétique depuis 2024.
La demande doit être faite dans les six mois qui suivent l’événement, justificatifs à l’appui. Les gains échappent à l’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux restent dus.
Un salarié qui a placé 2 000 € d’intéressement par an pendant six ans dispose ainsi d’environ 12 000 €, avant même de compter la performance des fonds. De quoi couvrir les frais de notaire d’un appartement à 150 000 € dans l’ancien. Encore faut-il qu’il sache qu’il peut y toucher.
Par où commencer côté RH
Sans budget supplémentaire, quelques gestes suffisent souvent à rendre ces dispositifs visibles :
- regrouper les aides dans une page du livret d’accueil, et la renvoyer au salarié au moment d’une mutation ;
- activer le Visa Entreprise pour les recrutements de jeunes ou de salariés venus d’une autre région ;
- formaliser par écrit toute avance ou tout prêt, et valider son traitement social avec la paie ;
- rappeler les règles de déblocage du PEE au moment où tombent l’intéressement et la participation.
Aucun de ces leviers ne règle seul la question du logement. Mis bout à bout, ils pèsent pourtant lourd pour un alternant qui cherche une chambre près de son entreprise, ou pour un salarié qui hésite à accepter une mutation. Le premier travail des RH consiste souvent à les faire connaître.


