Face au chômage ultramarin, France Travail cherche l’appui des entreprises 

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Face à un chômage durablement plus élevé qu’en métropole, France Travail renforce son action dans les Outre-mer. Partenariat avec GBH, aides à la mobilité, contrats aidés et dispositifs d’insertion : découvrez les leviers mobilisés pour soutenir l’emploi sur ces territoires.
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Le 16 juin 2026, France Travail a élargi son partenariat avec le groupe Bernard Hayot (GBH), premier employeur privé des Outre-mer. L’objectif est de renforcer les recrutements et l’insertion professionnelle tout en fédérant davantage d’entreprises autour de ces enjeux. Cette stratégie traduit la volonté de l’agence de tenir compte des spécificités des territoires ultramarins, en particulier des taux de chômage très élevés. France Travail s’appuie notamment sur des aides à la mobilité pour la formation, et sur un recours plus large aux contrats aidés qu’en métropole.

Le marché du travail demeure beaucoup plus dégradé dans les Outre-mer qu’en métropole. Au premier trimestre 2026, le chômage atteint 13,5 % en Martinique, 15,2 % à la Guadeloupe, 19 % à la Réunion, 19,3 % en Guyane, contre 7,9 % en France métropolitaine

GBH et France Travail : un partenariat renforcé pour l’emploi ultramarin 

France Travail a signé, le 16 juin 2026, une convention-cadre avec le groupe Bernard Hayot (GBH), premier employeur privé des Outre-mer. Ce partenariat vise à « renforcer les recrutements, la formation et l’insertion professionnelle » dans les territoires ultramarins.

« L’emploi demeure le meilleur rempart contre la vie chère. La question du pouvoir d’achat ne dépend pas uniquement des prix », souligne Nicolas Assier de Pompignan, directeur général de GBH. 

La convention s’inscrit dans le prolongement de plusieurs initiatives menées conjointement par les deux partenaires, comme le programme d’alternance « Tremplin pour l’emploi », déployé à La Réunion, en Guyane et aux Antilles, qui a permis de former 150 jeunes ultramarins en quatre ans.

Le salon « Martinique pour l’emploi » a également convaincu France Travail : il devrait être décliné en Guadeloupe. 

Le partenariat prévoit d’intensifier les campagnes de recrutement des filiales de GBH, de développer les immersions en entreprise et d’étendre le recours à la méthode de recrutement par simulation, qui privilégie les aptitudes des candidats plutôt que leur diplôme ou leur âge.

Au-delà de GBH, France Travail cherche à mobiliser les employeurs 

Frédéric Toubeau, directeur général adjoint de France Travail, invite à « mutualiser les bonnes pratiques entre tous les territoires où GBH est présent ».

Les deux partenaires prévoient également des actions ciblées pour les publics les plus éloignés de l’emploi : jeunes sans qualification, bénéficiaires du RSA, seniors, habitants des quartiers prioritaires ou personnes en situation de handicap. 

L’accord ne se limite toutefois pas aux besoins de GBH : il entend également contribuer à résorber les difficultés qui affectent plus largement le marché du travail ultramarin.

« Nous avons une responsabilité collective. L’entreprise doit se sentir responsable du développement économique et social de son territoire », estime Nicolas Assier de Pompignan.

France Travail et GBH souhaitent désormais élargir l’initiative à d’autres entreprises présentes dans les Outre-mer, afin d’élargir les possibilités de recrutement et d’accompagnement vers l’emploi. 

Se former hors de son territoire faute d’offre locale 

Ce partenariat complète les dispositifs déjà déployés par France Travail pour faire face aux spécificités ultramarines, comme le Passeport pour la mobilité de la formation professionnelle (PMFP).

Mis en œuvre avec l’Agence de l’Outre-mer pour la mobilité (LADOM), il permet aux demandeurs d’emploi de se former en métropole lorsqu’aucune offre équivalente n’existe sur leur territoire. Le PMFP prévoit un accompagnement avant le départ, durant la formation et lors du retour dans le territoire d’origine. 

Dans la même logique, France Travail peut aussi financer des formations dans des pays voisins des DROM si aucune offre n’est disponible localement. Le 28 mai 2026, l’agence a d’ailleurs précisé les règles de rémunération et de prise en charge de la mobilité afin de rendre ce dispositif plus accessible. 

SMA et contrats aidés

France Travail est également partenaire du Service militaire adapté (SMA), souvent présenté comme l’un des dispositifs d’insertion les plus efficaces des Outre-mer.

Destiné aux jeunes de 18 à 25 ans éloignés de l’emploi, peu ou pas qualifiés, il combine formation professionnelle, encadrement militaire et accompagnement social.

Les participants s’engagent généralement pour six à douze mois : leur parcours combine remise à niveau scolaire, acquisition des codes professionnels, formation qualifiante et préparation à l’emploi. 

Le taux d’insertion du SMA est supérieur à 80 %, en emploi ou en poursuite de formation qualifiante, une performance nettement supérieure à celle de la plupart des dispositifs comparables.

Le programme repose souvent sur des actions menées conjointement par les régiments du Service militaire adapté (RSMA), France Travail, les missions locales et des employeurs locaux comme GBH. 

Autre particularité des Outre-mer : en raison d’un chômage plus élevé qu’en métropole, France Travail y a maintenu certains dispositifs d’aide à l’embauche.

C’est notamment le cas du Contrat Initiative Emploi (CUI-CIE) : désormais limité à certaines catégories de bénéficiaires dans l’Hexagone, il reste accessible à l’ensemble des demandeurs d’emploi dans les départements ultramarins.