François Fleutiaux : « Les ESN doivent être considérées comme des people companies »
Les années post-covid ont été plus que florissantes pour le recrutement des cadres. Mais l’année 2025 pourrait voir le ralentissement entamé l’an passé se confirmer.
Selon le cabinet Robert Walters, dans son étude annuelle, les offres d’emploi à destination des cadres ont diminué de 9 % en 2024. Les tensions économiques et la situation internationale incertaine ont en effet fortement amoindri la confiance des entreprises qui ont, dans une certaine mesure, revu à la baisse leurs perspectives d’embauches.
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Je téléchargeEt pourtant, malgré un contexte moins porteur, les tensions de recrutement persistent dans certains domaines.
Près de 85 % des entreprises abordent avec inquiétude la pénurie de talents, alors que les cadres ont des attentes toujours plus élevées, notamment dans l’accès au télétravail ou encore les rémunérations dans une période toujours inflationniste.
Dans ce contexte, certains secteurs sont tout particulièrement touchés. Parmi eux, les technologies numériques, la cybersécurité, l’IA ou encore la gestion des données.
En bref, le cœur de métier des quelques milliers d’ESN qui composent le très actif marché français. Une situation plus que logique, estime François Fleutiaux : « L’Institut Montaigne a récemment rendu public un rapport, qui souligne que les besoins en formation seraient de 850 000 d’ici 2030. Nos capacités se limitent à 70 000 par an. On devine ainsi facilement à quel point le gap est colossal ».
Les acteurs de la filière rivalisent d’ailleurs d’initiatives pour attirer les meilleurs talents. « Les ESN doivent être considérées comme des « people companies » : nous devons porter une attention toute particulière à nos collaborateurs et au développement de leur parcours professionnel », estime François Fleutiaux.
Des pénuries de compétences persistantes
Avec la dynamique du secteur, le besoin en compétences est évident. France Travail s’est mobilisé pour engager le financement de 15 000 formations en 2024.
Diversidays, une association nationale qui milite pour une meilleure inclusion numérique et l’ouverture du secteur aux publics précarisés, a ouvert son programme Déclics Numériques à 20 000 demandeurs d’emploi.
Numeum, qui représente les intérêts de la filière, s’est de son côté associée à France Travail pour mettre en œuvre le programme Numeric’Emploi à l’échelle nationale d’ici 2025 pour, là encore, orienter les demandeurs d’emploi vers les métiers du numérique.
En bref, les actions pour accompagner la formation aux compétences numériques se multiplient. « Certaines initiatives, comme celles des DesCodeuses, (NDLR. Une école de formation au numérique pour les femmes issues des quartiers populaires) ou encore les programmes de retour à l’emploi, sont des atouts précieux et un appoint ponctuel intéressant face aux difficultés du secteur », conclut François Fleutiaux.
Suffisant ? Non, selon Français Fleutiaux, qui affirme qu’un « potentiel axe d’effort repose dans l’acculturation des plus jeunes aux compétences numériques », notamment par des cours adaptés et, si nécessaire, une adaptation des programmes scolaires.
Là encore, des efforts semblent avoir été engagés par les pouvoirs publics avec, par exemple, la mise en place d’une « stratégie numérique pour l’éducation », qui court sur la période 2023 – 2027 avec, en ligne de mire, la volonté de promouvoir l’attractivité de la filière aux plus jeunes.
Pour les candidats potentiels, le secteur ne devrait pas cesser d’être à l’affût des compétences dans les mois à venir.