Vers des entreprises « family friendly » ?

Vers des entreprises « family friendly » ?
Hélène Truffaut

La question de l’équilibre vie privée – vie professionnelle est plus que jamais au cœur de l’actualité. Quelles sont les préconisations présentées à la ministre du Travail ?

« Mieux concilier responsabilités familiales et carrières professionnelles compte désormais parmi les dimensions importantes de la qualité de vie au travail. Et, partant, de la qualité du travail et de la performance des organisations. Les employeurs, privés et publics, ont intérêt à réinvestir le sujet familial. Il ne saurait se réduire, pour les entreprises, à une unique préoccupation de coût du travail. »

Mise en garde ou vœux pieux ? Ce paragraphe introduit en tout cas la synthèse du rapport Damon-Heydemann* pour « renforcer le modèle français de conciliation entre vie des enfants, vie des parents et vie des entreprises ». Remis le 6 octobre dernier à la ministre du Travail, Elisabeth Borne, et à Adrien Taquet, secrétaire d’État en charge de l’enfance et des familles, le document de quelque 70 pages propose d’impliquer davantage les entreprises et leurs partenaires sociaux dans la problématique de conciliation des temps de vie.

Fidéliser les talents.

Il s’agit, bien sûr, de prendre en compte les aspirations des nouvelles générations. Les organisations estampillées « family friendly » auraient ainsi une longueur d’avance sur celles qui rechignent encore à s’emparer du sujet. « Lorsqu’il s’agit d’attirer et de fidéliser des talents, les aménagements en faveur des jeunes parents font la différence, expliquent les auteurs du rapport. Qu’il s’agisse d’offre de services (réservations de places en crèches) ou de gestion attentionnée des carrières (acceptation et optimisation des périodes de congés familiaux), l’entreprise a maintenant plus à y gagner qu’à y perdre », assurent-ils.

Mieux : « Cette nouvelle implication des entreprises s’inscrit dans des objectifs vertueux en matière de ressources humaines, d’égalité entre les femmes et les hommes et d’efficacité générale. Bien comprises et bien délimitées, les questions de conciliation et de parentalité dans l’entreprise comptent parmi les leviers de la compétitivité. »

Des horaires plus flexibles.

Sur les 45 propositions du rapport, 17 concernent les entreprises et les partenaires sociaux. Il est, par exemple, question d’intégrer systématiquement un chapitre conciliation dans les accords égalité professionnelle et qualité de vie au travail (EPQVT) ; d’insérer des indicateurs spécifiques au congé paternité dans la base de données économiques, sociales et environnementales (BDESE) ; de sensibiliser les managers ; d’autoriser davantage de flexibilité des horaires pour les parents ; ou bien encore d’intégrer une dimension conciliation dans les accords sur le télétravail.

*Christel Heydemann est présidente de Schneider Electric France et Julien Damon, conseiller scientifique de l’École nationale supérieure de sécurité sociale.

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Hélène Truffaut

Journaliste titulaire de la carte de presse, je cumule une expérience de plus de 20 ans en tant que rédactrice, chef de rubrique et pigiste, essentiellement en presse professionnelle (RH, financière, informatique), sur l'ensemble des thématiques ressources humaines, du recrutement à la formation en passant par les politiques de rémunération.